Cinq ans après une prise de pouvoir marquée par des promesses grandilogentes et un projet illusoire, l'ère Gérard Lopez s'achève sur un immense souliflement mêlé d'amertume en Gironde. Selon les informations de Sud-Ouest, les Girondins de Bordeaux sont en passe d'être rachetés par le fonds d'investissement anglais Park Bench, qui récupère un club historique cédé pour l'euro symbolique. Une délivrance pour les supporters, meurtris par une gestion catastrophique qui a mené l'un des fleurons du football français au bord du gouffre.
Un déclassement sportif et institutionnel sans précédent
Le bilan de l'homme d'affaires hispano-luxembourgeois restera comme l'une des pages les plus sombres du sport hexagonal. À son arrivée, le club évoluait en Ligue 1. S'en est suivie une relégation sportive dans l'antichambre, puis un premier écueil devant la DNCG menant à une rétrogradation administrative en National 2.
Le coup de grâce est tombé cet été avec une nouvelle sanction impliquant une descente en Régional 1, au sixième échelon national. Un cataclysme pour un club qui disputait les quarts de finale de la Ligue des Champions il y a moins de vingt ans.
Une dette abyssale et un plan de redressement de 12 ans
Sur le plan financier, la gestion aura pris des proportions alarmantes. Héritant d'un passif d'environ 30 millions d'euros, Gérard Lopez a vu la dette grimper jusqu'à 100 millions en l'espace d'une année, maquillée par des montages opaques et des cessions d'actifs. Le licenciement conflictuel de l'entraîneur Vladimir Petkovi? et de son staff a également pesé lourdement sur les finances bordelaises.
Grâce à cette vente négociée au tribunal, la structure financière devrait voir sa dette ramenée de 26 à 13 millions d'euros, adossée à un plan de redressement étalé sur douze ans au lieu de dix. Alors que le budget de la saison en Régional 1 attend d'être définitivement validé, le géant bordelais va devoir s'armer de patience pour entamer sa longue reconquête vers les sommets.