Plus de sept ans après le crash qui a emporté Emiliano Sala, la blessure reste à vif pour ses proches et tout le peuple nantais. Alors que le tribunal de commerce de Nantes vient de clore un chapitre financier majeur en déboutant Cardiff City, la parole de Mercedes Taffarel, la mère de l'attaquant argentin, vient rappeler que derrière les chiffres se cache un drame humain indélébile. Dans un entretien poignant accordé à L’Équipe, elle confie pourquoi elle ne peut plus mettre un pied à la Beaujoire tant que la direction actuelle sera en place.
Le refus catégorique de croiser Waldemar Kita
Interrogée juste avant que le verdict ne tombe ce lundi, Mercedes Taffarel a été d'une clarté absolue. Si l'amour que les supporters portent encore à son fils la bouleverse, la figure du président Kita reste un obstacle infranchissable.
« Comme Waldemar Kita est toujours le président du club, je n’ai aucune envie d’y mettre les pieds », a-t-elle tranché.
Pourtant, elle ne fuit pas la confrontation. Au contraire, elle se dit prête à un échange direct avec le propriétaire du FC Nantes, non pas pour une réconciliation, mais pour une confrontation de vérité. Elle explique vouloir le regarder dans les yeux pour lui poser une seule question : « Qu’avez-vous fait avec mon fils ? ». Un cri du cœur qui renvoie aux zones d'ombre de ce transfert maudit de janvier 2019.
Un verdict financier qui ne répare rien
Sur le plan juridique, les nouvelles sont tombées : le tribunal de commerce de Nantes a rejeté les demandes colossales de Cardiff City (qui réclamait 120 millions d'euros). Le club gallois a même été condamné à verser 480 000 euros aux Canaris, dont 300 000 euros au titre du « préjudice moral ». Une victoire judiciaire pour le FCN, mais une goutte d'eau dans l'océan de douleur de la famille Sala.
Pour Mercedes Taffarel, aucune indemnité ne pourra combler le vide : « La douleur de mon cœur depuis la mort d’Emiliano est irréparable, les morceaux ne peuvent pas se recoller. » Si le FC Nantes tente de tourner la page judiciaire de cette affaire, la mémoire d'Emiliano continue de hanter la Jonelière. Elle est portée par une mère qui attend toujours, au-delà des procès et des balances comptables, une forme de reconnaissance humaine que seul le temps — ou un changement d'ère au club — pourra peut-être lui offrir.