Ce soir à 18h, le Paris Saint-Germain affronte Arsenal à Budapest pour décrocher un deuxième titre consécutif en Ligue des Champions. Mais pendant que les regards sont tournés vers la Hongrie, c'est à Paris que l'inquiétude est la plus palpable. La capitale française se prépare à une soirée à très hauts risques.
La finale se joue à la Puskas Arená, mais elle se vivra également et surtout dans les rues, les bars et les places de Paris. Tenant du titre après leur victoire face à l'Inter Milan (5-0) la saison dernière, les hommes de Luis Enrique ont l'opportunité d'entrer dans la légende en conservant le trophée — une performance qui n'a été réussie que par une poignée de clubs dans l'histoire de la compétition. En cas de succès, la fête promet d'être titanesque. En cas de défaite aussi, mais dans un tout autre sens. C'est précisément ce scénario qui préoccupe les autorités, dans un contexte particulièrement exceptionnel ce week-end à Paris.
8 000 policiers et gendarmes mobilisés
La préfecture de Paris parle elle-même d'une « concomitance d'événements rarement vue ». En plus de la finale de Ligue des Champions, plusieurs manifestations majeures se déroulent simultanément dans la capitale : Roland-Garros, un match de rugby du Stade Français au Stade Jean-Bouin, les concerts de Damso à Paris La Défense Arena, de Bouss à l'Accor Arena et surtout celui d'Aya Nakamura au Stade de France. « Tous ces événements sont liés, il y aura des connexions entre, certains voudront assister à plusieurs et il y a un fort risque à l'ordre public », alerte la préfecture.
Face à cette situation inédite, le dispositif de sécurité est à la hauteur des enjeux. 8 000 policiers et gendarmes seront déployés dans Paris et la petite couronne — soit près de 50% de plus que lors de la finale de l'an dernier, qui en mobilisait 5 400. Des drones, des escadrons de motos et 2 500 pompiers compléteront ce dispositif exceptionnel de sécurité. Les points névralgiques comme le Trocadéro, les Halles, les Champs-Élysées et les nœuds de transports seront particulièrement surveillés.
Jérôme Jimenez, délégué du syndicat Alliance Police, a tenu à rappeler sur RMC que cette mission n'avait rien d'une partie de plaisir pour les forces de l'ordre : « J'aimerais rappeler que les policiers, bien souvent, aiment le football, aimeraient que ce soit une fête populaire. Ce n'est pas une mission plaisir, ce soir, de courir après toutes ces personnes qui, potentiellement, pourraient saccager les rues de Paris. » Le souvenir des pillages et dégradations survenus l'an dernier, malgré un dispositif déjà conséquent, plane sur cette édition. Paris retient son souffle — en espérant que la nuit reste, avant tout, celle du football.