Le barrage entre l'OGC Nice et l'AS Saint-Étienne devait déjà se disputer dans un contexte particulier, il tourne désormais au véritable feuilleton institutionnel. Le Gym a franchi un cap supplémentaire en adressant un courrier recommandé à la LFP, menaçant d'engager des poursuites judiciaires si la situation n'évolue pas.
Tout part d'un problème de calendrier. Les barrages aller-retour ont été reprogrammés aux 26 et 29 mai en raison de la finale de Coupe de France disputée par l’OGC Nice face au RC Lens. Cependant, ces dates se retrouvent en plein chevauchement avec la fenêtre internationale de préparation à la Coupe du Monde 2026. La FIFA, inflexible sur ce point, impose aux clubs la libération de leurs internationaux dès le 25 mai — soit la veille du match aller à Geoffroy-Guichard. La LFP avait formulé une demande de dérogation, mais la réponse de l'instance mondiale est tombée sans appel : refus. Les dérogations sont réservées aux finales de compétitions majeures — PSG-Arsenal en Ligue des Champions, Crystal Palace-Rayo Vallecano en Ligue Conférence — et non à un barrage Ligue 1-Ligue 2, aussi décisif soit-il.
Côté niçois, le pire scénario évoque jusqu'à six joueurs potentiellement retenus par leurs sélections : Yehvann Diouf et Antoine Mendy (Sénégal), Ali Abdi (Tunisie), Kojo Peprah Oppong (Ghana), Hicham Boudaoui (Algérie) et Elye Wahi (Côte d'Ivoire). Une hécatombe qui tomberait au plus mauvais moment pour un effectif déjà épuisé après une saison chaotique et une finale de Coupe de France perdue contre Lens.
Nice sort l'artillerie lourde
Face à cette situation jugée inacceptable, le Gym n'a pas tardé à contre-attaquer. Le vice-président délégué Maurice Cohen a adressé un courrier recommandé au président de la LFP Vincent Labrune, estimant que le club se retrouvait dans une situation d'extrême difficulté sportive, organisationnelle et économique, dénonçant des conséquences particulièrement graves et manifestement préjudiciables. La menace est explicite : le club azuréen se réserve expressément le droit d'engager toute procédure utile si certains internationaux venaient à manquer cette double confrontation décisive.
Des discussions sont ainsi en cours au cas par cas avec les fédérations nationales concernées. Les situations de Diouf, Mendy et Wahi pourraient trouver une issue favorable, tandis que l'incertitude demeure autour d’Abdi, Peprah Oppong et Boudaoui. La LFP se retrouve dans une position inconfortable, prise en étau entre la réglementation FIFA et la colère du club niçois. Pour l'heure, les barrages sont maintenus aux dates prévues, mais l'affaire est loin d'être close car les Aiglons ne semblent pas décider à en rester là.