Le Stade Rennais va devoir vendre, et vendre beaucoup. Sixième de Ligue 1 et qualifié pour la Ligue Europa, le club breton aborde un été sous haute contrainte financière. Mais au milieu des départs inévitables, le président Arnaud Pouille a tenu à poser des limites claires : trois joueurs ne partiront pas, quoi qu'il arrive.
La situation comptable du Stade Rennais n'est pas un secret. La chute des droits TV en France, combinée aux 10e et 12e places décrochées lors des deux saisons précédentes, avait déjà creusé un déficit d'exploitation de 30 millions d'euros selon la DNCG. En ratant la Ligue des Champions cette saison encore, Rennes prive ses caisses d'une manne financière précieuse : les recettes commerciales tournent autour de 65 à 70 millions d'euros avec la Ligue Europa, contre 50 millions sans compétition européenne. Face à un niveau de dépenses estimé à 130 millions d'euros, la nécessité de combler ce déficit par des ventes de joueurs est absolue.
110 à 120 millions à récupérer, mais trois noms sont sacrés
Interrogé par Ouest-France, Arnaud Pouille a clairement fixé l'objectif, revu à la baisse par rapport à l’an dernier : « Sur la saison qui se termine, les ventes ont plutôt été de 140 millions d’euros. L’idée, c’est de rester autour de 110 ou 120 millions d’euros de vente. » Une question reste à éclaircir tout de même : les plus de 60 millions d’euros récoltés cet hiver du transfert de Jérémy Jacquet vers Liverpool sont-ils compris dans l’objectif ? Rien ne l’indique.
Ce chantier immense va donc impliquer des départs dans tous les secteurs de jeu, et qui alimentera inévitablement les rumeurs autour des profils les plus cotés. Mais le président rennais a tenu à envoyer un message fort sur trois dossiers en particulier. « Je n'aime pas trop faire de liste dans la presse, mais certains joueurs comme Brice Samba, Estéban Lepaul ou Abdelhamid Aït-Boudlal ne partiront pas, ils le savent et leurs agents le savent. Ou alors, il faudrait quelque chose qui dépasse l'entendement », a-t-il martelé. Trois cadres absolus du projet de Franck Haise donc, avec un des capitaines et dernier rempart de l’équipe, la pièce maîtresse en défense et surtout le meilleur buteur de Ligue 1 — 19 buts en 32 matchs.
La déclaration de Pouille ne ferme néanmoins pas totalement la porte mais le message est limpide : il faudra casser sa tirelire pour s’attacher les services d’un de ses trois joueurs. Rennes vend pour construire, pas pour détruire. Et si le club breton veut être acteur sur la scène européenne la saison prochaine, il ne peut pas se permettre de brader ses meilleurs éléments au premier offrant.