Le football réserve parfois des moments où la passion commune l'emporte sur la haine sportive. Alors que les groupes ultras de l'AS Saint-Étienne, les Magic Fans et les Green Angels, font face à une procédure de dissolution imminente, un soutien de taille, et totalement inattendu, est venu du Groupama Stadium. Ce dimanche, les Bad Gones lyonnais ont mis de côté la rivalité du Derby pour envoyer un message politique fort à la place Beauvau.
Un message choc déployé dans le Virage Nord
C'est une image que peu d'observateurs auraient imaginé voir un jour. Juste avant le coup d'envoi du match entre l'OL et Lorient, une banderole a barré le fief des Bad Gones : « Non à la dissolution des groupes stéphanois ». En plein échauffement, le Virage Nord lyonnais a choisi d'afficher publiquement son opposition à la répression qui frappe ses plus grands rivaux.
Dans le milieu ultra, ce geste est perçu comme un symbole de survie collective. Si les deux clubs se détestent sur le terrain, les associations de supporters partagent le même combat pour la préservation de leur culture. En soutenant les Magic Fans et les Green Angels, les Gones rappellent que la dissolution d'associations historiques (trentenaires pour certaines) crée un précédent qui menace l'ensemble des tribunes françaises.
62 groupes de supporters font front commun
La mobilisation ne s'arrête pas aux frontières du Rhône. Ce week-end, l'Hexagone a vibré au rythme des messages de soutien. Au total, 62 associations de supporters nationales ont signé un communiqué commun pour dénoncer cette procédure. Samedi déjà, des milliers de Stéphanois avaient manifesté dans les rues de la ville avant la réception de Dunkerque pour crier leur attachement à leurs groupes.
Lundi noir : l'heure de vérité place Beauvau
Tout se joue ce lundi. Les représentants des groupes stéphanois sont attendus en commission au ministère de l'Intérieur. Si l'avis rendu n'est que consultatif, il sera déterminant pour la suite. L'an dernier, une mobilisation similaire avait fait reculer le gouvernement.
Cette année, avec le soutien explicite de leurs rivaux historiques, les ultras de l'ASSE arrivent avec un poids politique renforcé. Le message envoyé aux décideurs est limpide : la dissolution ne fait pas consensus, et le monde des tribunes est prêt à s'unir pour empêcher le Chaudron de s'éteindre.