Pour se qualifier face au Real, le Bayern devra s’inspirer d’un club… danois

Ce mardi soir se disputera le quart de finale retour entre le Real Madrid et le Bayern Munich, 6 jours après que les Merengue se sont imposés 2-1 à l’Allianz Arena. Grâce à ce succès, le Real semble s’être dégagé la voie vers les demi-finales. Statistiquement, 93% des équipes victorieuses 2-1 à l’extérieur lors du match aller se sont qualifiées au retour. Toutefois, un club a réussi à renverser la tendance au Stade Bernabéu, un seul dans toute l’Histoire européenne de la Maison Blanche. C’était le OB Ostende le 6 décembre 1994 en coupe de l’UEFA. Retour sur une rencontre ancrée dans les mémoires des Danois et qui pourrait bien inspirer les Munichois.
Aujourd’hui encore, les habitants d’Odense, fief de Hans Christian Andersen, appellent cette rencontre « le miracle de Madrid ». Mais contrairement à La Petite Fille aux allumettes, les joueurs danois n’étaient pas venus pour réchauffer les coeurs espagnols mais pour refroidir un Santiago Bernabéu qui ne s’attendait pas une telle déconvenue.

Au match aller, Odense, triple champion du Danemark, fait vaciller Madrid et ses 6 trophées de Ligue des Champions en ouvrant le score juste avant la pause par l’intermédiaire de Michael Schönberg. Sans vraiment douter, le Real continue à pousser et marque 2 buts consécutivement à la 70e minute mais OB parvient à égaliser à la suite d’un beau mouvement collectif conclu par une frappe limpide à ras de terre de Hjorth. Cependant, Michael Laudrup, le joueur danois le plus talentueux des années 90, vient inscrire le but du 3-2 d’un pointu bien senti.

Battu en ayant encaissé 3 buts à domicile, les chances de qualification d’OB Odense étaient infimes au vu du challenge à relever deux semaines plus tard. Le moral des troupes n’était pourtant pas au plus bas lorsque le match retour débuta. Chaque joueur était conscient qu’une ouverture du score rapide pouvait leur permettre de prendre le match à leur compte. Néanmoins, tout ne se déroulait pas comme prévu puisque ce sont les Madrilènes qui dominent de bout en bout. Malgré une défense à cinq, l’OB a la tête sous l’eau et n’est tenu à flot que grâce à son gardien, Lars Högh. Laudrup, Alfonso et Butragueño butent à tour de rôle sur la forteresse danoise.

À l’heure de jeu, voyant que son duo d’attaquants ne parvient pas à trouver la faille, Jorge Valdano, l’entraîneur du Real, fait le choix de faire rentrer Sandro et Dubovsky, préféré au jeune Raúl malgré ses performances (déjà) décisives et un fort potentiel qui se confirmera par la suite. L’OB tente de procéder en contres et trouve même la barre transversale sur une sublime reprise de volée du pied gauche de Michael Hemmingsen. Le Real continue de mettre la pression et pense obtenir un pénalty évident sauf que l’arbitre est à une trentaine de mètres (il n’est même pas dans le champ de la caméra) et ne siffle pas la faute.

Cependant, ce sont bien les Danois qui ouvrent le score grâce à Pedersen qui trompe Cañizares d’un ballon piqué qui se loge dans le petit filet gauche. La tension monte, Odense est acculé en défense et Högh réalise parade sur parade sans jamais céder. Et pourtant, à la 92e minute, c’est bien Bisgaard, entré en jeu, qui est à la réception d’un centre au second poteau et qui vient crucifier le goal madrilène d’une frappe limpide.

L’OB Odense a donc réalisé une performance unique : celle de se qualifier face au Real Madrid après avoir été battu à l’aller chez soi. Une nouvelle ligne de l’Histoire du football danois avait été écrite, 2 ans après la victoire de la sélection nationale à l’Euro 92, et bien qu’une qualification du Bayern ne raisonnerait pas comme un exploit tant le rapport de force avec le Real reste équilibré, elle resterait quand même dans la légende du club bavarois et surtout du Real.

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