ANALYSE/BALLON D’OR AFRICAIN : Le sacre de Pierre Emerick-Aubameyang, un scandale, vraiment ?

« C’est triste de voir l’Afrique réagir de la sorte, qu’elle ne donne pas d’importance aux choses africaines ! ». C’est en ces termes que le footballeur ivoirien Yaya Touré a fait part de sa frustration suite à la remise du ballon d’or africain à l’international gabonais Pierre Emerick-Aubameyang. Dans le sillage du joueur de Manchester City, d’autres joueurs tels que André Ayew et Assamoah Gyan ont remis en question ce choix de la Confédération Africaine de Football. Invité ce dimanche sur le plateau du Canal Football Club, Aubameyang a déclaré ceci: « Je pense que le Ballon d’Or se joue sur toute la saison, je pense que mon année a été pas mal. C’est sûr, ça m’a touché, c’est dommage qu’ils réagissent comme cela…».
Toutefois la victoire du joueur évoluant à Dortmund est-elle imméritée ?

UNE RECOMPENSE QUI NE PREND PAS SEULEMENT EN COMPTE LES PERFORMANCES EN EQUIPE NATIONALE

A première vue, l’on peut valablement arguer qu’Aubameyang n’a pas brillé avec sa sélection durant l’année 2015, en atteste l’élimination précoce du Gabon en matches de poule de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) lors de laquelle il n’a inscrit qu’un seul but. Mais à y voir de près, l’on constate que depuis 2002, aucun vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations n’a remporté le ballon d’or africain la même année, soit huit éditions de la dite compétition. Le dernier lauréat du ballon d’or et vainqueur de la CAN reste Patrick M’boma ; c’était en 2000. Ce n’est donc pas la première fois que les performances en club prennent le pas sur les performances en sélection dans la nomination du ballon d’or africain. En 2013 par exemple, Yaya Touré avait été sacré aux dépends de John Obi Mikel pourtant vainqueur de la CAN avec le Nigéria et de l’Europa League avec Chelsea.

UNE CARRIERE EN CONSTANTE PROGRESSION DEPUIS 2011

De même, ce trophée vient récompenser le gabonais pour ses progrès réalisés depuis plusieurs saisons maintenant et son départ définitif du Milan AC en 2011. Toutes compétitions confondues, il a inscrit successivement 20 buts en 2011-2012, 25 buts en 2012-2013, 16 buts en 2013-2014, 30 buts en 2014-2015. Ce n’est qu’en 2013-2014, pour sa première année à Dortmund, celle de l’adaptation qu’il n’a pas franchi le cap des 20 réalisations. Il a en outre remporté la coupe de la ligue française en 2013 ainsi que la Supercoupe d’Allemagne à deux reprises en 2013 et en 2014.

2015-2016 : LA CONFIRMATION

Si sa saison 2014-2015 fut celle de l’explosion, sa saison 2015-2016 a commencé sur des bases incroyablement élevées. Depuis le début de saison,  PEA a inscrit la bagatelle de 29 buts en 32 matches (buts en sélection nationale y compris) dont 18 buts en 18 matches de Bundesliga, faisant de lui le meilleur buteur du championnat à mi- saison. Des statistiques qui confirment l’envergure prise par l’attaquant gabonais au niveau international. Sur l’année civile 2015, il a planté 42 buts en 51 matches (hors sélection nationale) se classant ainsi au 7ème rang des meilleurs buteurs des cinq grands championnats européens devant des joueurs comme Thomas Müller, Karim Benzema ou encore Sergio Agüero. Alors, certes les buts seuls ne peuvent montrer la qualité d’un joueur (même un attaquant) mais il est bon de noter qu’il est devenu le fer de lance du Borussia Dortmund et qu’il est également le capitaine de l’équipe nationale du Gabon. C’est également vrai que ses concurrents auraient pu prétendre au sacre mais PEA est un lauréat légitime qui porte haut le flambeau de l’Afrique à travers le monde. Cette année 2016 s’annonce encore plus palpitante avec l’éclosion de nombreux talents africains tels que les algériens Yacine Brahimi et Ryad Mahrez, le congolais Yannick Bolasie et l’ivoirien Serge Aurier qui auront sans doute leur mot à dire dans la course au ballon d’or africain.

 

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